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Hospitalisation en milieu psychiatrique et épuisement professionnel

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épuisement professionnel

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samedi, février 2 2008

Fragilité de l'être humain

En ce moment, j'ai besoin de marquer ce que je ressens. Je repense à ce que j'étais il y a quelques années et ce que je suis maintenant. J'en ressens le besoin d'écrire cela.  Face à des difficultés rencontrées récemment, je constate que je suis encore fragile et à certains moments, j'en ressens de la honte quant à cette fragilité.

Quand je repense, je me compare à ce que j'étais il y a encore 4/5 ans, je ne suis plus le même aujourd'hui. Je n'ai plus la même force, la même combativité face à un problème rencontré. Avant je le prenais à bras de corps et je le menais jusqu'au bout, avec énergie, etc... Maintenant je suis vite fatigué, un problème rencontré est une épreuve difficile, qui me fait peur. Je m'emporte vite, je vis mal et gère pas bien la situation. J'ai des envies de tout balancer, parfois de casser ce que j'ai sous la main, je m'énerve facilement, je n'arrive plus à écouter ce qu'on me dit y compris ma femme, mon entourage.

Je suis très fatigué et surtout sur les jambes, ne parlons pas aussi des mauvaises nuits que je passe. Des idées noires me reviennent. Sarko n'arrange pas les choses aussi. Ce président me fait peur dans ses déclarations, comportement, choix de société. Etant de toujours de gauche, même si je ne soutenais pas Chirac, ce dernier était plus serein. Sarko m'angoisse, je n'ai pas confiance en lui et son gouvernement.

Avant je m'occupais activement d'associations, je marchais, faisais du vélo, lisais beaucoup, avec ma femme et ma fille on partait souvent en weekend. Maintenant depuis 3 ans, plus rien, je reste beaucoup à la maison, enfermé, même aller faire des courses est une chose pas évidente pour moi. Je suis conscient de tout cela. Oh oui, j'ai beaucoup perdu d'intérêt, de plaisir à ce que je faisais autrefois. J'ai l'impression de vivre au ralenti, en fait de compte, les journées sont plus longues, qu'elles font plus de 24 heures. Je suis vite fatigué quand je fais quelque chose. Je n'ai plus la même mémoire qu'avant, la concentration aussi.

Je me souviens encore il y a quelques années le plaisir que je prenais à lire, à écrire, à partir en weekend, à faire les courses, à travailler, à manger, etc... Depuis 3 ans, je n'ai plus le même plaisir, je suis hyper sensible, susceptible, avant je ne pleurais pas,, maintenant, je pleure souvent.

 

mardi, janvier 15 2008

La souffrance au travail

Depuis 1976 que je bosse, j'ai trouvé du plaisir, de la satisfaction dans ma vie professionnelle mais dernièrement j'en ai aussi souffert. En 32 ans le milieu du travail a changé, évolué. De nos jours, on n'entend parler à longueur de journée que d' objectifs, de résultats, de production, de rendements, de management, etc... Quitte à choquer certains internautes, ces mots ne veulent pas dire grand chose si ce n'est que le salarié doit être porformant, travailler toujours plus avec moins de moyens, des salaires de misère. L'exploitation des salariés n'a jamais été aussi présente dans les entreprises depuis quelques années.

En 2005, j'ai connu la souffrance au travail et 8 mois avant ma tentative de suicide, j'en ai parlé autour de moi, du moins dans mon entourage professionnel mais jamais dans ma famille. J'en ai parlé et alerté le médecin du travail, mon organisation syndicale mais comme ça continuait j'ai dû aussi alerter le CHSCT et l'Inspecteur du travail. Malgré les interventions des uns et des autres, le conflit s'accentuait, je ne dormais plus, je pleurais, j'avais de fortes angoisses, des migraines, un mal au dos, j'étais très fatigué, triste, je n'arrivais plus à me concentrer et j'avais des pertes de mémoire,  des cauchemars, des idées noires. 6 mois avant ma tentative, j'ai commencé à consulter un psychiatre car je savais que je faisais une dépression sévère mais cela a tellement été dur que j'ai craqué, je ne voyais plus le bout du tunnel. 2 mois avant mon acte, je l'avais dit oralement mais aussi par écrit (au médecin du travail et au médecin conseil de la sécurité sociale qui d'ailleurs, pour les dépressions, remplit un questionnaire) que j'allais mettre fin à mes jours car je souffrais vraiment. Cette souffrance m'a épuisé, je ne suis plus capable de travailler, j'en suis conscient et croyez moi cela fait mal. Une souffrance au travail laisse des traces. Cette incapacité de retravailler est reconnue par le médecin du travail ainsi que par le médecin conseil/contrôleur. A ce jour, j'ai encore du mal à tout dire, écrire sur le déroulement du conflit, veuillez ne pas m'en tenir rigueur.

Moi même manageur avec responsabilité d'une équipe de 20 personnes, je considère que ce sont les méthodes de travail, d'organisation qui sont les principales causes de stresse, de souffrance au travail. Avant c'était beaucoup plus convivial. J'ai rencontré dans mon travail un conflit éthique avec mon supérieur, je ne pouvais pas mettre le personnel sous pression. Les racines de la violence en milieu professionnel ne sont pas étrangères avec les termes employés, le langage militaire, le langage guerrier.

Le personnel m'a bien soutenu et a surtout pris position en signant une adresse et en faisant grève une journée.

Je ne suis plus, hélas en mesure de reprendre le travail, si je le faisais, le soir même, je serais dans un autre monde.

Si vous avez rencontré un problème professionnel avec stress, souffrance, etc..., n'hésitez pas à mettre un commentaire

Je vous recommande deux ouvrages de Christophe Dejours - souffrance en france, édition du seuil et Travail, usure mentale, édition Bayard

Sur internet, il existe un site sérieux  Capital-Santé  http://www.capital-sante.fr où vous pouvez évaluer votre niveau de stress  http://www.stressaudit.com/stressaudit_demo/visite/accueil.asp

Voir aussi le cabinet conseil Stimulus  http://www.stimulus-conseil.com

 

 

samedi, janvier 5 2008

Ca n'arrive pas qu'aux autres

Il y a deux ans, j'ai été hospitalisé en milieu psychiatrique suite à une tentative de suicide par médicaments en raison d'un problème professionnel et plus précisément d'acharnements d'un supérieur.

Je ne connaissais pas ce milieu psychiatrique qui est vraiment différent d'un hopital dit normal.

Dites vous bien que ca peut vous arriver ou bien à quelqu'un de votre entourage, quelqu'un qui vous est cher, etc...

Je l'ai vécu comme une épreuve supplémentaire, c'est un milieu avec ses codes tant du côté des patients que des professionnels de santé.

Tout d'abord, vous êtes "harcelé" de questions par le psychiatre comme si vous avez envie d'y répondre après une tentative murement réfléchie. Il veut tout savoir, comme dirait ma grand mère, sans vouloir payer l'addition. Et croyez moi, ils interrogent l'entourage, une vraie inquisition  et très rapidement le psychiatre vous classe dans une catégorie : personnalité d'allure........ allez sur internet et faites des recherches, vous y trouverez différentes classifications.

Ce premier contact avec le milieu psychiatrique fut pour moi une claque, je me demandais où j'avais attéri. Le courant n'est pas passé avec le jeune psychiatre qui manquait d'humanité, les entretiens étaient tendus. Je fus surpris par la prise de note du psychiatre, il écrit et n'arrête pas d'écrire. Connaissant bien les textes régissant les droits du patient, je lui ai fait remarquer que je demanderai une copie de mon dossier médical.

Ce dossier médical, je l'ai demandé, très exactement, 27 mois après l'hospitalisation. Un an après cette hospitalisation,j'ai pris connaissance d'un courrier du psychiatre adressé à mon médecin traitant. Quelle ne fut pas ma surprise. Déjà de constater qu'il avait écrit à mon insu, sans m'en parler, sans m'en avoir demandé l'autorisation. Quant au contenu, une description, un diagnostic négatif du patient que je suis.

C'est cette raison qui m'amène aujourd'hui à créer un blog sur le milieu psychiatrique où j'invite tant les patients que les professionnels à s'y exprimer positivement ou négativement. Je pense que des patients ont sûrment vécu plus positivement que moi un séjour en milieu de santé mentale.

Régulièrement, j'alimenterai le blog et en dirai un peu plus sur mon hospitalisation, et sur l'après hospitalisation ainsi que sur le milieu professionnel