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Hospitalisation en milieu psychiatrique et épuisement professionnel

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milieu psychiatrique

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dimanche, janvier 13 2008

But de la psychiatrie et ses limites

A travers ce billet, je lance un appel aux ex-patients, patients hospotalisés en milieu psychiatrique ou suivis à l'extérieur dans le public ou privé par un psychiatre ainsi qu'au personnel médical (psychiatres, infirmiers, aide-soignants, personnel de service, psychologues, etc...). Je vous invite à donner votre avis sur le milieu psychiatrice. Internet est un bon moyen de porter au plus grand nombre des informations et de plus, à travers un blog, c'est anonyme. Lancez-vous, écrivez, racontez. On dirait, vous les professionnels de la santé mentale, que vous avez "des choses à cacher", vous avez beaucoup de mal à communiquer avec la population. Faites SVP un travail de vulgarisation sur la psychiatrie, quand on veut, on peut. Force est de constater que ce sont beaucoup plus les patients qui parlent du milieu psychiatrique que les professionnels qui y travaillent.

Après 27 mois, je me pose toujours la question des buts, objectifs et limites de la psychiatrie. Je parle pour le sujet d'une tentative de suicide et d'une dépression sévère.

Selon moi, l'hopital sert à protéger le patient qui vient de faire une tentative et pour les professionnels de santé de savoir la motivation du geste, les causes. Quant au patient, ça peut lui aider à parler, à mettre des mots sur sa souffrance. Pour moi, ça reste tout de même une inquisition et je dirais pour provoquer, en quoi ça vous regarde les professionnels de la santé. J'attends vos points de vue.

Quant au suivi avec un psychiatre, un psychologue, parler peut faire du bien sur le moment mais dès qu'on rentre chez soi, à son boulot, la vie reprend le dessus.

Quitte à me répéter, ce que j'ai déjà dit plusieurs fois dans mes précédents billets, lors des entretiens avec le psychiatre y compris les entretiens avec le psychologue, ce sont toutes les notes que vous prenez par écrit au cours de l'entretien. Prenez le réflexe d'expliquer simplement pourquoi vous le faites et dans quel but ? J'estime qu'écrire et ne rien dire au patient, c'est un manque d'éthique et de respect. Il me semble qu'en fin d'entretien, le psychiatre ou le psychologue pourrait simplement et brièvement faire une synthèse de ses écrits, de ce qu'il en retire au patient. On va me répondre : vous pouvez avoir accès à votre dossier médical. Si cela est vrai, combien de patients le font et de plus, ce n'est pas du tout évident de comprendre le langage médical et votre écriture de "chat"

site de psycom75 qui a fait une campagne de communication sur la santé mentale 

  http://www.psycom75.org/htmetphp/pageAccueil.php

 

 

vendredi, janvier 11 2008

Une leçon de vie

Pour en revenir à l'hopital où j'y ai passé 7 jours, des ateliers nous étaient proposés (relaxation, gym, peinture, travaux manuels, etc...) Pour y participer, le psychiatre devait donner son accord. Une fois par semaine, cet hopital proposait, par unité de vie, une rencontre personnel médical et de service et patients où ces derniers pouvaient faire part de leurs doléances, remarques.

Toujours dans cet hopital, j'ai bien apprécié la présence de deux élèves infirmières, leur sérénité, leur gentillesse. Quant au personnel médical titulairen celui dont je parlais dans un de mes billets, je ne renie pas qu'ils aient des problèmes et surtout celui d'un manque d'effectif. Je dis tout simplement qu'ils doivent "se battre", se mettre en grève, mener une action forte dans le temps.

S'il est vrai qu'une hospitalisation en milieu psychiatrique est une période traumatisante, agressive, c'est aussi une leçon de vie. On y trouve plus malheureux que soi tant sur le plan financier que sentimental, travail, etc... Leur présence interpelle notre conscience, quand j'y repense, j'en ai des frissons, parfois des larmes. J'ai pu constater que le statut de malade, de patient est considéré comme ignorant en milieu psychiatrique. Et vous lecteurs, internautes, professionnels de la santé, qu'en pensez-vous ? Un soignant ne peut pas aider un patient sans tenir compte de son avis, de ses besoins, son histoire. L'un ne ferait que donner, l'autre ne ferait que recevoir ???

J'ai trouvé dans le livre "Humanitude" d'Yves Geneste et Jérôme Pélissier, Ed Armand Colin un passage intéressant, qui selon moi, s'applique à tout établissement hospitalier public ou privé. Il est écrit dans ce livre, page 155 "A chaque fois que nous avons vu des soignants communiquer et échanger, par la parole, les regards ou les gestes, nous avons vu des personnes malades communiquant et échangeant avec eux. A chaque fois que nous avons vu des soignants donner aux personnes malades la possibilité d'agir et d'influer sur leur milieu, nous avons vu des personnes malades agissant et influant sur leur milieu. A chaque fois que nous avons vu des malades éprouvant du bien-être et du plaisir lors des soins, nous avons vu également des soignants éprouvant du plaisir à prendre soin. A chaque fois que nous avons vu des personnes malades ressentant positivement leur environnement de vie, nous avons vu des soignants ressentant positivement leur environnement de travail". 

lundi, janvier 7 2008

Les émotions, le ressenti

Je reste convaincu, qu'en milieu psychiatrique, le personnel médical, doit parler de leur métier, de leur ressenti, de leurs émotions aux patients. Ce n'est pas de la faiblesse mais de l'humanitude.

D'après ce que j'au pu lire (je lis beaucoup), entendu à la télévision, le personnel médical a toujours en lui un héritage de la profession (les premières religieuses soignantes et qui ont été données en modèle).

Il faut savoir que pour la formation des soignants, il y a encore 10 ans, on présentait un portrait robot du patient, décrit comme inactif, passif, dépendant, devant être soumis et obéissant.

Si un jour vous êtes hospitalisé et que vous en avez le courage, dites aux infirmiers(ères)  ou même avant, lors de l'entretien avec le médecin, que vous n'accepeterez pas n'importe quel acte médical, par exemple, que vous refusez le traitement de la phlébite par piqure (de plus en plus des hopitaux, par mesure préventif, font quotidiennement, pour quasiment toute hospitalisation, cet acte), sachez qu'on peut aussi le prendre par voie orale, vous serez étonné de la réponse du médecin ou de l'infirmier.

On ne peut pas aider un patient sans tenir compte de son avis, de ses besoins, de son histoire, ses habitudes, son environnement.

Malgré mes recherches, je n'ai pas encore trouvé un ouvrage intéressant sur les soins en milieu psychiatrique. Aussi je vous livre le titre d'un livre consacré aux personnes âgées "L'humanitude" Comprendre la vieillesse, prendre soin des Hommes vieux d'Yves Gineste et Jérôme Pélissier Ed Armand Collin. C'est une approche très respectueuse de la personne âgée.

Je vous livre aussi 2 sites internet sur ce sujet

http://www.agevillage.com (bien veillir et accompagner le grand âge)

http://www.cec-formation.net  (site de l'humanitude dans le soin, site de Yves Gineste et Rosette Marescotti

L'angoisse

Une hospitalisation en milieu psychiatrique reste marquante, angoissante, agressive. 27 mois après, je me rappelle bien de mon séjour. J'étais angoissé, non pas de mon acte suicidaire, mais par les conditions d'hospitalisation (liberté de déplacement très limitée y compris celle de dire, de faire, de parler). Le patient est observé et c'est cela qui m'a en fait relativement perturbé, gêné. Toutes les manières de regarder, de parler, d'être regardé, de me parler, de nous (les patients) parler sont des communications qui permettent ou pas l'établissement de la relation. On éprouve de la méfiance, de l'antipathie lorsque un ou des professionnels de santé vous regarde de loin, de haut, de manière fuyante. Dans l'hopital où j'ai séjourné 7 jours, je fus marquer comme d'autres patients par les infirmiers qui restaient dans "leur tour d'ivoire", un bureau vitré.  Seule une infirmière venait fréquemment au contact des patients et prenait surtout le temps de discuter avec chacun d'eux. Elle avait des questions pertinentes que j'appréciais, invitant le patient à réfléchir sur tel ou tel point. Quant aux médecins, ils ne franchissaient jamais le réfectoire et la salle de télévision, c'est toujours un personnel médical qui venait nous chercher pour l'entretien. Les infirmiers comme les médecins ont surement des raisons par rapport à ce que je décris, mais la moindre des choses, c'est qu'ils l'expliquent, le disent simplement, modestement. Un patient en milieu psychiatrique reste un être humain.

Je reste perplexe quant à la démarche thérapeutique par la parole avec un psychiatre, un psychologue. Tout d'abord, il me semble que pour beaucoup de patients (je peux me tromper), on est méfiant du psychiatre d'autant plus qu'il n'explique pas son rôle, son champ d'intervention. On sait tout simplement qu'il est psychiatre. J'ai pu me rendre compte en observant, en parlant avec les autres patients du pouvoir qu'à le psychiatre "entre ses mains". Il peut à tout moment durcir l'hospitalisation, par exemple, passer du statut de malade hospitalisé librement à malade hospitalisé sous contrainte. J'ai aussi été surpris par le nombre de personnes mises sous tutelle.

Moins on en dit, mieux c'est pour le malade. Du moins, c'est ce que j'en retire car comme je le disais déjà dans un de mes précédents billets, tout est observé, analysé, marqué dans le dossier médical.

Par rapport à d'autres patients, j'avais la chance d'avoir une visite quotidienne de ma femme, rare lien avec le monde extérieur.

http://www.psychologue.fr/therapie.php  Sur le site Psychologue.fr, un psychologue, Sébastien Nocilas, décrit, suite aux nombreuses questions de des patients, le rôle d'un psychologue, d'un psychiatre, d'un psychotérapeute, d'un psychanalyste

Par exemple, dans Google, dans le moteur de recherche, mentionner "informer le patient en psychiatrie". Vous tomberez sur un site présentant  un livre sur ce thème.

 

 

 

dimanche, janvier 6 2008

liens avec des sites internet

Je ne regrette pas d'avoir publié des billets sur l'hospitalisation en milieu psychiatrique. J'ai fait des recherches sur Internet et j'ai trouvé des sites intéressants dont je vous livre les adresses :

la psychiatrie vous ment : http://www.mensongepsy.com/fr/?page_rd=318

Expression médicale.org : on y trouve un article intéressant du docteur Jocelyne Pinon, psychiatre et psychothérapeute "la relation médecin malade, ou mon serment d'Hippocrate"  http://www.exmed.org

Serpsy (soin, étude et recherche en psychiatrie) : espace de réflexion et d'échanges autour de la relation soignant/soigné  http://www.serpsy.org/index.html

Collectif des médecins et des citoyens contre les traitements dégradants en psychiatrie  http://www.moratoirepsy.com/index.php?axe=30.0.0

Accès au dossier médical  CNIL : http://www.cnil.fr/index.php?id=1330

http://www.info-depression.fr  ouvrage sur la dépression, on y trouve aussi des adresses utiles

association France-Dépression http://www.france-depression.org

Unafam (union nationale des amis et familles de malades psychiques) http://www.unafam.org

Suicide écoute : http://www.suicide-ecoute.fr

S.O.S. Suicide Phénix  http://www.sos-suicide-phenix.org

Ligue française pour la santé mentale http://www.lfsm.org

 

 

 

 

Suite du billet hospitalisation en milieu psychiatrique

Dans un premier temps, j'ai été hospitalisé au CAC (centre d'accueil et de crise) pour une durée de trois jours et ensuite j'ai été transféré pour 7 jours dans un autre hopital, plus près de mon domicile.

Je vous invite, pour toute hospitalisation, que ce soit ou pas en psychiatrie, à demander la consultation ou l'envoi à votre domicile du dossier médical. Concernant le mien, j'en ai été surpris (pire que les renseignements généraux). Le psychiatre y met son diagnostic, votre comportement, etc.... La moindre des choses devrait que tout patient devrait être informé dès son arrivée que des informations vont êtres retranscrites dans le dossier médical et qu'il a la possibilité de le consulter. Par ailleurs, au cours de l'hospitalisation, le psychiatre devrait dire de vive voix au patient son diagnostic et non pas l'apprendre plus tard par écrit. Quel manque d'humanité, de savoir vivre, de professionnalisme.

La prise de médicaments, devant le personnel médical (2 à 3) ainsi que devant les autres patients est humiliant (une fille d'attente se formait pour la prise de médicaments). Je n'ai pas non plus apprécié l'intrusion d'un infirmier lors de ma douche, il n'avait pas à rentrer sans frapper et me le demander.

Lorsque le patient téléphone, le personnel écoute votre conversation.

J'ai vécu cette hospitalisation de 3 jours au CAC traumatisante, agressive avec du zèle de certains professionnels de la santé, ils faisaient sentir leur supériorité, leur savoir.

Issu du milieu syndical et associatif (surtout défense des consommateurs, connaissance du droit), certains professionnels de la santé du CAS n'appréciaient pas beaucoup mes questions, mes interrogations, mon point de vue.

Me voilà arrivé en fin d'après midi dans un autre hopital, près de mon domicile. De vieux locaux à l'architecture d'une caserne de l'armée.

J'étais dans un pavillon avec des malades en cure de désintoxication d'alcool, de drogue, dépressifs, et pour 3 qui étaient là depuis des années. La plupart était sous tutelle. Dès le premier soir, il a fallu que ça tombe sur moi, la date de certains ingrédients était périmée depuis plusieurs jours, pour certains plusieurs semaines. Dès le lendemain, j'en ai parlé au psychiatre et je dois reconnaître son efficacité. Dès 9H00 jusqu'à 18h30, les chambres étaient fermées et ce pavillon n'ayant pas de salle de repos, seulement une salle de télévision, pour ceux qui avaient besoin d'un moment de repos, de sieste, c'était folklorique. Croyez-moi ou pas, certains dormaient à même le sol, sur du carrelage. Quelle honte. J'en ai fait une remarque écrite à la commission  des relations avec les usagers et cette dernière m'a dit que depuis l'hopital avait aménagé une pièce supplémentaire de repos avec un fond de musique relaxant.

Quant au psychiatre de cet hopital, le courant passe bien, c'est une docteresse. Le seul point noir, gênant, au cours des entretiens, du personnel médical assiste, ce qui fait que le malade se trouve en face de 4 à 5 personnes, je n'en vois pas l'utilité et si je devais être dans l'avenir réhospitalisé, je serai ferme sur ce point interdisant plus de 2 personnes, psychiatre compris.